Emanuele Pirro : « une grande convivialité »

En attendant le dernier meeting de la saison by Peter Auto tenu chez lui en Italie (Imola-Classic 26-28 octobre), le quintuple vainqueur des 24 Heures du Mans évoque son amour des courses historiques.

Comment êtes-vous venu aux courses historiques ?
La première fois c’était en 1995, au beau milieu de ma carrière, à l’occasion des Mille Miglia. J’y allais initialement par obligation professionnelle…

Et vous êtes devenu un inconditionnel !
J’aime l’atmosphère des évènements historiques, notamment ceux de Peter Auto. Les garages ouverts apportent aux paddocks une grande convivialité. C’est bien plus chaleureux qu’en compétition moderne où chacun reste cloisonné dans son box.

Quelle est la voiture la plus incroyable que vous ayez piloté en historique ?
C’est difficile de répondre car certaines étaient intéressantes par leur histoire, d’autres par le plaisir qu’elles m’ont procuré à leur volant.

Et quelle est celle que vous rêvez d’essayer ?
J’ai adoré la Ferrari 512M, alors j’aimerais tester sa rivale la Porsche 917. Cela dit, je ne me lasse pas de l’Alfa Romeo 33/3 que je pilote régulièrement en CER 2. C’est incroyable de l’imaginer sur les petites routes de la Targa Florio.

Une voiture historique se pilote-t-elle comme une moderne ?
Aujourd’hui les voitures de course sont saines à tous points de vue. Ce n’est pas le cas des anciennes. Chaque auto a sa propre identité et Il faut d’abord la comprendre, parler le même langage qu’elle, avant d’envisager de la pousser un peu. Moi je ne regarde pas le chronomètre, j’ai mes propres critères : rétrograder proprement, épargner les freins, soigner les trajectoires… Je fais mon auto-évaluation après chaque virage.

Toute une philosophie !
Oui. D’ailleurs je pense que les mécaniciens doivent aussi se mettre dans les mêmes conditions qu’à l’époque. Aujourd’hui, nous avons plus de connaissance technique, aérodynamique qu’au moment où ces voitures ont été conçues. Je crois qu’il faut faire abstraction des outils récents pour essayer de régler nos voitures de manière empirique, comme le faisaient alors les équipes.

De la Lancia Beta Montecarlo à l’Audi R8, quelques-unes de vos anciennes voitures prennent parfois la piste des meetings historiques by Peter Auto. Etes-vous ému de les revoir ?
J’ai débuté aux 24 Heures du Mans au volant de la Lancia en 1981, j’avais 19 ans. C’était dingue ! Il y avait encore les anciens stands, la ligne droite des Hunaudières sans chicane, les panneauteurs à Mulsanne… Alors oui, elle me rappelle de grands souvenirs. Pour l’Audi R8, je suis moins enthousiaste. Il y a 15 ans, c’était un bijou de modernité… Et dans mon esprit, c’est toujours le cas. Alors j’ai beaucoup de mal à admettre qu’elle soit dépassée au point d’être alignée en historique.

Un mot sur le circuit d’Imola où se clôture la saison 2018 des séries by Peter Auto ?
C’est une très bonne idée d’y retourner car il est au cœur d’une région de passionnés. Et puis, initialement, c’était un circuit routier et ce type de tracé s’avère toujours plus authentique que ceux exclusivement dédiés à la course. Le terrain est vallonné, la ville est pittoresque, la cuisine est bonne… C’est l’endroit idéal pour un week-end de course !

 

 

 

 

 

 

TRAJECTOIRE

Né à Rome le 12 janvier 1962
37 GP de F1 disputés entre 1989 et 1991 ; 3 points inscrits
Champion d’Italie de Supertourisme en 1994 et 1995 (Audi)
Vainqueur des 24 Heures du Mans en 2000, 2001, 2002, 2006 et 2007 (Audi)
Vainqueur des 12 Heures de Sebring en 2000 et 2007 (Audi)
Vainqueur du Petit Le Mans en 2001, 2005 et 2008 (Audi)
Vainqueur de l’American Le Mans Series en 2001 et 2005 (Audi)