Le saviez-vous ? Jaguar célébré au Mans Classic

Ce sont deux passionnés de motos,  William Lyons et William Walmsley, qui sont à l’origine de Jaguar, l’une des marques automobiles les plus prestigieuses.

En 1922, les deux hommes s’associent pour créer la Swallow Sidecar Company spécialisée dans la production de sidecars. Fort d’un certain succès, ils se lancent en 1926 dans la construction de carrosserie automobile. D’abord pour la petite et populaire Austin Seven, puis pour d’autres marques britanniques. Rebaptisée Swallow Sidecar and Coachbuilding Co, la société présente au salon de Londres de 1931 sa première automobile : la SS1. La SS2 ne tarde pas à suivre, affichant luxe, performance et juste prix, autant de caractéristiques qui feront la réputation de la marque au fil de son histoire. En 1933, la compagnie change de nouveau d’identité pour prendre le nom de SS Cars Ltd. William Lyons rachète bientôt les parts de son associé pour devenir le seul maître à bord.

C’est en 1935 que le Jaguar fait son apparition sur une nouvelle gamme de berlines et de voitures de sport. Pour Lyons, ce félin incarne parfaitement les qualités de ses voitures : élégance et grâce, mais également puissance et vitesse. Ce n’est qu’à la fin de la guerre, en 1945, que la marque se débarrasse de l’appellation SS pour des raisons politiques évidentes et prend définitivement le nom de Jaguar. Alors que le constructeur relance sa production, il développe également un  nouveau moteur. Du nom de code XK (X pour expérimental et K pour 11ème lettre de l’alphabet équivalant au 11ème essai de la série de moteur), ce bloc 6 cylindres de 3442cc à double arbre à cames en tête équipe le nouveau modèle de la marque présenté au London Motor Show de 1948 : la XK120 (120 évoquant la vitesse maximale supposée atteinte de 120 mph). Grâce aux performances annoncées, à ses lignes élégantes et sportives, à son instrumentation complète, à son intérieur en cuir Connoly et surtout à son prix très attractif (deux fois moins élevé que la concurrence de l’époque), cette nouvelle Jaguar connaît un succès immédiat. Lors d’essais menés en 1949, une XK120 bénéficiant de modifications mineures (un saute-vent à la place du pare-brise) atteint 136 mph (soit 212 km/h). Le modèle se place dès lors comme la voiture de série la plus rapide du monde.

Ce pedigree sportif s’accompagne rapidement de nombreux succès dans diverses compétitions et motive la marque à engager sous sa bannière trois XK120 S aux 24 Heures du Mans en 1950. Face à une concurrence plus aguerrie, Jaguar obtient deux places dans le Top 10. Mais surtout, l’expérience acquise va servir à l’élaboration de la XK120 C, plus connue sous le nom de Type C, spécialement conçue pour la compétition, laquelle remportera la première victoire de Jaguar au Mans l’année suivante avec l’équipage Peter Walker et Peter Whitehead. Puis, un doublé victorieux en 1953 avec Tony Rolt/Duncan Hamilton et Stirling Moss/Peter Walker. A cette fabuleuse  réussite, il faut associer un certain Malcolm Sayer, ancien designer pour la très réputée Bristol Airplane Company pendant la Seconde Guerre mondiale. Recruté par Jaguar en 1951, ce brillant ingénieur est l’un des premiers à appliquer à l’automobile les principes de l’aérodynamique utilisés dans l’aviation grâce aux calculs des flux d’air. Mariant élégance, pureté et efficacité, les lignes de la Type C sont le résultat de son travail. Sayer se surpassera ensuite sur la révolutionnaire Type D qui demeure aujourd’hui l’une des voitures de sport les plus victorieuses dans la course mancelle avec trois victoires successives (1955, 1956 et 1957) et une vitesse maxi de près de 310 km/h dans la ligne droite des Hunaudières. Au-delà de ces machines destinées à la compétition, les esthètes apprécieront unanimement le talent de Malcolm Sayer au travers de son dessin de la Type E dévoilée en 1961 au salon de Genève. Réalisation majeure dans la production automobile mondiale, qu’Enzo Ferrari en personne aurait qualifié de ‘‘plus belle voiture jamais produite’’, la Type E sera élevée au rang d’œuvre d’art en entrant dans la très select collection du célèbre Museum of Modern Art de New York.

Après ses cinq succès en terres mancelles, la marque prend pour un temps ses distances avec cette course. Ce n’est que vingt-neuf ans plus tard que Jaguar effectue son retour au Mans avec l’écurie Tom Walkinshaw Racing. Avec, à la clé, le titre de Champion du Monde des Voitures de Sports en 1987 avec la XJR-8. Jaguar s’impose de nouveau dans le Championnat du monde en 1988 et gagne également les 24 Heures du Mans face à Porsche avec la XJR-9. En 1990, la marque remporte sa 7ème et dernière victoire aux 24 heures du Mans avec la version XJR-12 et termine deuxième du Championnat du Monde des voitures de sports derrière Mercedes. La saison suivante, la XJR-14 remporte le Championnat du Monde des Voitures de Sports mais ne sera pas engagée au Mans. Elle laisse sa place aux Jaguar XJR-12 qui échouent face à Mazda et doivent se contenter des accessits.

La glorieuse trajectoire de Jaguar en compétition sera retracée à l’occasion de la 9ème édition du Mans Classic organisée les 6/7/8 juillet par Peter Auto en association avec l’Automobile Club de l’Ouest. Le Jaguar Classic Challenge rassemblera en effet des Jaguar d’avant 1966 : XK, Type C, Type D, Type E, Mk I, Mk II… Un magnifique plateau d’une soixantaine de modèles conformes aux spécifications d'origine. En 2016, c’est le Britannique Andy Wallace (19 participations aux 24 Heures du Mans, dont une victoire en 1988 avec Jaguar) qui avait remporté cette course au volant de la Type D victorieuse au Mans en 1955 avec l’équipage Hawthorn-Bueb. Le plateau du Group C Racing mettra également en scène les XJR-8, XJR-9, XJR-11 et XJR-12 qui se sont brillamment illustrées au Mans.